L’HISTOIRE : Le vin

 

 
XVIIIe siècle

C'est au début de ce siècle qu'une véritable viticulture s'instaure avec le Marquis de Carle.

Son fils Elie dit "Le Chevalier des Vignes" deviendra l'un des pionniers de la révolution viticole du libournais et fondera le prestige des vignobles de Saint-Emilion. Il adresse les Grands Vins de Figeac à une clientèle choisie, installée essentiellement dans le Nord de la France (Le Maréchal de Broglie, le Comte de Calonne père du Ministre de Louis XVI etc...)

Des soins exemplaires sont apportés au vignoble extrêmement prospère, les vins sont fort appréciés et chers.

XIXe siècle : première partie

Dès 1815, une sélection rigoureuse des meilleurs raisins pour le Grand Vin, conduit à la commercialisation d'un "second vin" à son 1/3 du prix.

Une vie élégante et raffinée règne à Figeac, jusqu'à ce que le Blocus Continental, et en conséquence la difficulté de vendre les vins, conduise la Comtesse de Carle-Trajet à se séparer de quelques parcelles, dont celle du Cheval Blanc en 1838.

Elle finira par vendre la totalité du domaine restant, soit 130 ha, qui passeront, en s'émiettant, à une succession de 5 propriétaires, en 50 ans.

Au cours de cette période de ventes répétées, les chefs de culture et maîtres de chai assurent la continuité et maintiennent la grande qualité des vins du Château Figeac.

1850

Les terres séparées du domaine vendront encore leurs vins sous le nom prestigieux de Figeac. Cheval Blanc commencera à vendre ses vins sous son nom propre en 1853, et d'autres vignobles accoleront le nom de Figeac au leur.

En 1853, Chaumas Franck qualifie Figeac de "très bon cru" et Victor Rendu, en 1854, de "remarquable".

C'est à cette époque qu'apparaît l'oïdium dans la région du Médoc et des Graves et que s'instaure un début d'affaire entre la région de Saint-Emilion-Pomerol, non encore contaminée, et le négoce de Bordeaux qui cherche à satisfaire la demande de sa clientèle. Edouard Feret commence alors à s'intéresser à la rive droite. Son édition de 1881 indique que "Figeac et Cheval Blanc vendent au même prix que les premiers crus de Saint-Emilion et de Pomerol". Cependant, Figeac, malgré ses excellents vins n'offre plus le suivi d'une politique commerciale-marketing comme peut l'être celle d’un propriétaire durablement installé sur les lieux. Ainsi l'édition de 1886 inverse les noms : Cheval Blanc et Figeac vendent au même prix que les premiers crus de Saint-Emilion et de Pomerol. Avec cette cinquième édition, Figeac, qui jusque là figurait en tête des graves de Saint-Emilion par notoriété et sans publicité, allait être placé en 2ème position, à l'époque même où le Négoce bordelais établissait la consolidation des marchés, la fixation des prix et de la notoriété.

XXe siècle : première partie

En 1892, le domaine de Figeac est à nouveau à vendre. André Maquin, qui en assurait la gestion depuis une dizaine d'années, pousse à l'achat André Villepigue, l'aïeul de Thierry Manoncourt.

André Maquin, ingénieur agronome, avait suivi les conférences du célèbre chercheur membre de l'Institut, Monsieur Viala, à qui l'on doit la découverte du porte-greffe américain suite à ses recherches réalisées au bord du Mississipi. Installé à Saint-Emilion, où le phylloxéra venait soudain d'apparaître, André Maquin allait devenir l'inspirateur et l'homme de la reconstruction du vignoble libournais. A Figeac, où il réside jusqu'en 1906, il traite les vignes avec le plus grand soin tout en réalisant très tôt la reconversion progressive du vignoble en greffes à support américain.

Dès lors la gestion du domaine est assurée par des Ingénieurs Agronomes (Robert Villepigue, puis Antoine Manoncourt son beau-frère et enfin Thierry Manoncourt qui se spécialise dans la viticulture, la biologie et l'œnologie). Ce n'est qu'avec l'installation définitive de Thierry Manoncourt sur Figeac, au milieu des années 50, que la relation avec le Négoce de Bordeaux renaîtra et avec elle la reconnaissance progressive, par le marché, de la qualité de ses vins.

Le classement de 1954

A cette date, la marque de Figeac commence à peine à renaître et les cours des millésimes sont encore faibles. Mais, Figeac obtient une réponse positive à sa demande de Premier Grand Cru Classé B, fondée sur les qualités exceptionnelles de son terroir et la réussite de ses millésimes malgré le niveau peu élevé de ses prix.

S'il a fallu 5 ans à Thierry Manoncourt pour vendre le millésime 1945, pourtant très côté aujourd'hui, il ne lui faut plus, à l'heure actuelle que 2 ou 3 jours pour vendre l'ensemble d'une récolte et le " prix de sortie " se situe à la tête des premiers grands crus classés B.